Bien que le marché soit peu alimenté en nouvelles informations en raison du shutdown américain et de la trêve des confiseurs, le conseil spécialisé pour la filière céréalière s’est tenu le 9 janvier 2019.
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Bien que le marché soit peu alimenté en nouvelles informations en raison du shutdown américain et de la trêve des confiseurs, le conseil spécialisé pour la filière céréalière s’est tenu le 9 janvier 2019.

En Argentine, les volumes de récolte sont attendus supérieurs à la campagne précédente. En revanche, certaines inquiétudes sont émises quant à la qualité des blés, en lien avec de fortes pluies à la récolte. Un bateau de blé argentin a été refusé en Algérie, pour non-conformité du temps de chute de Hagberg. « La récolte devrait tout de même répondre aux besoins », tempère Marc Zribi. Selon Rémi Haquin, président du conseil spécialisé, il est également possible que d’autres bateaux aient été acceptés, et d’autres encore le seront.

« L’Argentine a un disponible exportable de blé tendre évalué à 14,2 Mt, contre 12 Mt l’année dernière. Avec 1,65 Mt exporté en six semaines, la campagne d’exportation argentine démarre plus lentement que l’année passée », affirme Marc Zribi. À la même période l’année dernière le pays avait exporté 1,89 Mt. « Ces données sont à interpréter avec prudence, il reste plus de 12 Mt à exporter », ajoute-t-il. Les experts s’attendent à voir sa présence affirmée sur ses marchés de proximités (Amérique du Sud), un peu moindre en Amérique du Nord et en Afrique. Au 2 janvier, 91 % des blés argentins avaient été récoltés.

Avec les États-Unis, l’Argentine va être très présente sur l’exportation de blé en deuxième partie de campagne, notamment sur le marché algérien. « En France, on a des raisons d’être raisonnablement optimistes », affirme cependant Marc Zribi. Il évoque des prix plutôt compétitifs en prenant en compte le coût du fret, et une production qui correspond aux attentes du marché.

Les céréales européennes vulnérables au gel

En ce qui concerne les semis d’hiver pour la campagne de 2019-2020, le CIC estime que la surface mondiale en blé serait en hausse pour la première fois depuis 4 ans. En Ukraine et en Russie, les conditions de culture sont bonnes : une couverture neigeuse protège les cultures du gel. Dans l’Union européenne, FranceAgriMer note de manière générale un retard de croissance des céréales d’hiver. Une grande partie de l’Union européenne reste vulnérable au gel, l’endurcissement n’ayant pas débuté sauf sans certains pays de l’Europe du Nord/Nord-Est.

L’Ukraine à l’exportation de maïs

La concurrence à l’exportation de maïs est forte. Selon Marc Zribi, cela s’explique notamment par une forte demande, et des conditions météo défavorables au Brésil et en Argentine. « Les prix du maïs sont en nette hausse, supérieurs aux prix du blé meunier dans l’Union européenne et en Ukraine », déclare-t-il.

Des interrogations persistent sur les exportations ukrainiennes, estimés à 28 Mt (+9 Mt par rapport à l’année passée) à la suite d’une récolte record. « Seulement un tiers des volumes est exporté à ce jour », souligne Marc Zribi. Selon un consultant, le marché ne pourra pas absorber l’ensemble des volumes, et cela se traduira par des reports de stocks.

La guerre commerciale sino-américaine semble s’apaiser, et la Chine pourrait revenir aux achats américains. « La Chine vient d’autoriser les variétés OGM de maïs et de soja alors que le dossier est resté bloqué 18 mois. On peut interpréter cela comme un signe d’apaisement entre les deux pays, car les semences sont majoritairement d’origine américaine », explique Marc Zribi.

L’avenir incertain du pétrole

En ce qui concerne les éléments extérieurs du marché, « l’année 2019 pourrait être compliquée », affirme Marc Zribi, faisant référence notamment à de fortes incertitudes concernant le prix du pétrole. Une moindre croissance mondiale est attendue, induisant une baisse de la demande en pétrole, donc une baisse potentielle des prix du baril. Depuis le pic du 3 octobre 2018, le prix du pétrole a diminué de 35 %.

Hélène Parisot