« On a reçu les résultats de l’Anses (Agence de sécurité sanitaire) sur les échantillons prélevés dans les serres qui étaient en suspicion dans le Finistère et les résultats sont positifs, elles sont donc bien contaminées par le virus ToBRFV », a indiqué le ministère de l’agriculture le 17 février 2020, en fin de journée.

La veille, cette exploitation du finitère avait été placée sous séquestre complet, en raison d’une « très forte suspicion » de contamination de tomate par virus ToBRFV sur des tomates par « le tomato brown rugose fruit virus » (ToBRFV),

« L’exploitation concernée a été confinée dans l’attente de la destruction des végétaux et de la désinfection du site dans les plus brefs délais », a ajouté le ministère.

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Trois autres exploitations inspectées

Les plants incriminés « proviennent du Royaume-Uni mais sont issus de semences produites aux Pays-Bas », selon le ministère. Trois autres exploitations « ont été identifiées comme ayant reçu le même type de plants ». Elles font l’objet d’inspections et de prélèvements, dans le cadre de l’enquête de traçabilité. L’exploitation contaminée, dans laquelle deux serres ont été touchées, « est assez isolée ».

Mise en place d’un plan de surveillance

« Tout a été mis en œuvre pour circonscrire le site », a déclaré à l’AFP Laurent Bergé, président de l’AOP Tomates et concombres de France. « Nous sommes en train de travailler sur toutes les mesures de biosécurité », a-t-il ajouté, évoquant la mise au point avec les services de l’Etat d’un plan de surveillance, pour permettre « une veille permanente d’une éventuelle évolution du virus ».

Des documents vont être communiqués à tous les producteurs français, avec les mesures de prophylaxie à mettre en œuvre. Un plan de communication à destination des professionnels et du public doit informer de l’absence de risque pour la consommation.

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Perte de qualité gustative pour les fruits contaminés

Selon l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), le virus de la tomate peut infecter jusqu’à 100 % des plantes sur un site de production.

Le fruit contaminé perd toutes ses qualités gustatives, en raison d’une rupture de sa maturation, venant altérer la qualité de sa chair et le rendant impropre à la commercialisation.

Sur un plant malade, on peut observer des mosaïques et marbrures sur les feuilles, des taches et nécroses sur les fleurs et une décoloration avec des taches jaunes ou brunes sur les fruits qui peuvent aussi être déformés.

Des virus déjà contenus par le passé

La diffusion de ce virus en France « aurait des conséquences économiques majeures pour la filière mais également les jardiniers amateurs », avait prévenu dimanche le ministère.

Selon M. Bergé, d’autres virus ont par le passé été contenus, grâce à des mesures de sécurité « assez élevées ». « Contrairement à d’autres pays comme les Pays-Bas, nos exploitations sont beaucoup plus dispersées sur le territoire donc le risque de contamination d’une exploitation à l’autre est plus limité », a-t-il ajouté.

1.500 producteurs potentiellement concernés

Toutefois, « si on n’arrive pas à contenir la contamination, le risque, c’est que la filière tomates puisse décliner rapidement, il s’agit d’un virus particulièrement virulent », a-t-il ajouté, évoquant des vecteurs tels que les emballages ou les palettes.

Aucun traitement n’existe à l’heure actuelle : « une fois que le virus est sur la culture, on n’a pas d’autre choix que de détruire cette culture », a rappelé Laurent Bergé, selon qui plus de 1.500 producteurs font pousser le premier fruit consommé par les Français avec un peu plus de 13,9 kg par ménage et par an. En tout, 712.000 tonnes de tomates ont été produites en 2018 en France, selon le ministère.

AFP