Sans ces 21 postes que l’État ne veut plus financer à partir de 2022, « il n’y a plus de haras. Cela ne peut plus fonctionner », explique Christophe de Balorre, président DVD du département de l’Orne et de l’établissement public via lequel État et collectivités gèrent le haras.

Le président de région indigné

« Il y a quelque chose de scandaleux […] quand on veut parler comme le fait le gouvernement matin, midi et soir de préoccupations du monde rural », s’indigne de son côté le président de la Normandie, Hervé Morin (Centriste).

Les agents ont reçu en décembre un courrier d’une entreprise mandatée par l’État pour les aider à se reclasser, selon les élus. « Cela inquiète beaucoup les collègues », indique la directrice du haras, mais « il n’est pas question de rayer le haras de la carte. La question est comment on finance ces postes ».

Dans un courrier à Matignon, Hervé Morin et Christophe de Balorre ont averti que les collectivités « n’assumeront pas les décisions de l’État relatives à la mise en place d’un “plan social” ».

Le ministère de l’Agriculture reste silencieux

Les élus demandent au ministère de l’Agriculture de « réintégrer » ces 21 postes qui « doivent sortir des effectifs de l’Institut français du cheval (IFCE) ». Interrogé par l’AFP, l’IFCE a renvoyé vers le ministère de l’Agriculture qui n’a pas donné suite.

Les élus dénoncent « la lente agonie du haras national du Pin » tout en rappelant qu’il « contribue au rayonnement de l’équitation française dans le monde ». Environ 120 000 personnes viennent au haras chaque année, selon sa directrice.

« Des besoins d’investissements gigantesques »

Le « Versailles du cheval » a « des besoins d’investissements gigantesques », selon Hervé Morin. Le département et la Région investissent chacun un million d’euros par an, selon Christophe de Balorre. Le plan de 50 millions d’euros d’investissement par an sur dix ans, annoncé en 2015 a pris du retard, selon le haras.

Depuis la privatisation entre 2011 et 2013 de l’activité historique des haras nationaux, la reproduction des chevaux, le haras se tourne vers le tourisme, les compétitions, la formation. Depuis 2015, il est sous contrôle conjoint de l’état et des collectivités locales (majoritaires).

Il était auparavant propriété à 100 % de l’État. Classé monument historique, ce haras du XVIIIe siècle est situé sur 1 100 ha d’herbage de réputation internationale pour l’élevage des chevaux.

AFP