« L’élevage caprin est la production qui représente la plus forte astreinte. Les lots à gérer par UMO (unité de main-d’œuvre) sont importants et la mécanisation quasi inexistante. L’intégration des coûts de production dans le calcul du prix du lait permettrait d’assurer une bonne rémunération des éleveurs mais aussi d’envoyer un signal fort pour les porteurs de projet et potentiels repreneurs », insiste Franck Moreau, secrétaire général de la Fnec.

Le syndicat rappelle que la filière caprine a connu une forte augmentation des charges depuis la sécheresse qui a frappé en automne dernier et que « la volatilité des coûts de production avait déjà été l’un des principaux facteurs à l’origine de la crise 2010-2013 ».

« On ne peut pas se permettre de perdre plus de producteurs »

Dans un contexte post États-généraux de l’alimentation, la Fnec appelle donc à la responsabilité des différents acteurs de la filière afin de permettre une revalorisation du prix du lait moyen sur 2019 à hauteur de 780 €/1 000 litres pour, a posteriori, pouvoir assurer une rémunération de 2 Smic/UMO.

Ce chiffre a été calculé à partir des résultats du Rica 2017 (Réseau d’information comptable agricole) et des indicateurs fournis par l’Association nationale interprofessionnelle caprine (Anicap) et l’institut de l’élevage (Idele). Franck Moreau fait néanmoins savoir que « ce chiffre n’est qu’un palier car il n’assure pas plus de 1,3 Smic/UMO ».

D’après le communiqué, « plus de 40 % des éleveurs ont plus de 55 ans et n’ont pas tous de repreneurs ». Il en va donc, d’après le syndicat, de la pérennité de la production d’un lait français de qualité en accord avec les attentes sociétales.

Alexandra Courty