« Les traitements vétérinaires et les produits biocides utilisés pour l’élevage de troupeaux d’animaux semblent […] particulièrement nocifs pour les abeilles », écrit Jean-Marie Mizzon, sénateur de la Moselle qui désire attirer « l’attention de M. le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation sur la mortalité des abeilles à proximité de zones d&rsquo...
Contenu réservé aux abonnés de La France Agricole
pour vous connecter et poursuivre la lecture
14%

Vous avez parcouru 14% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant d’1 mois de découverte à La France Agricole
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez les 2 newsletters
  • > Recevez 4 numéros chez vous
J'en profite !

« Les traitements vétérinaires et les produits biocides utilisés pour l’élevage de troupeaux d’animaux semblent […] particulièrement nocifs pour les abeilles », écrit Jean-Marie Mizzon, sénateur de la Moselle qui désire attirer « l’attention de M. le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation sur la mortalité des abeilles à proximité de zones d’élevage ».

Quatre questions au ministre de l’Agriculture

Avec Jean-Claude Tissot, élu de la Loire, Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, ou encore Claudine Kaufman, du Var, Jean-Marie Mizzon rebondit sur la publication par « trois organisations d’apiculteurs » d’un « rapport traitant des impacts sur les abeilles des produits vétérinaires et biocides utilisés pour l’élevage des troupeaux d’animaux ».

Les élus font allusion à « des épisodes répétés de mortalité d’abeilles à proximité de zones d’élevage : 2008-2009 en Ariège, 2010 en Aveyron, 2013-2014 dans l’est des Pyrénées, plus récemment dans la plaine de la Crau ». Leurs questions écrites visent les lactones macrocycliques, les pyréthrinoïdes, les organophosphorés ou encore les néonicotinoïdes utilisés dans les élevages.

Réponse triple

La réponse du ministre est en trois temps. Concernant les antibiotiques, le ministère explique que « l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, et l’ANMV, Agence nationale du médicament vétérinaire, réalisent depuis 1999 un suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France et publient un rapport annuel sur leur site internet ».

Ces deux agences publient aussi des données sur l’exposition des animaux aux médicaments tous les ans. Ces informations ne concernent que les médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques, et « il n’est pas prévu d’étendre le dispositif de suivi aux autres catégories de médicaments vétérinaires ».

Une étude en cours

Concernant les insecticides utilisés en élevage, « en l’absence de données relatives à l’exposition des abeilles, […] le ministère chargé de l’Agriculture considère que le risque n’est pas écarté mais ne peut être caractérisé à ce stade ». Et d’annoncer qu’il finance une étude visant « à explorer les effets non intentionnels des produits biocides et antiparasitaires sur la santé des colonies d’abeilles ».

Démarrée au début de 2016, cette étude, baptisée Bapesa, a été confiée à l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation. Son protocole a été élaboré en partenariat avec l’Inra, ADA France, l’Anses et GDS France. Les résultats sont attendus pour 2019 et devraient permettre de prendre les mesures les plus adéquates.

Différents niveaux de risque

Concernant les antiparasitaires utilisés au pâturage, le ministère estime qu’ils « constituent la catégorie de médicaments vétérinaires évaluée comme étant la plus à risque pour les abeilles. Les problématiques d’écotoxicité pour les insectes pollinisateurs sont bien intégrées à l’évaluation des risques environnementaux qui est un préalable à l’obtention de l’AMM (1) pour ces médicaments. »

« Des tests d’écotoxicité sont obligatoirement réalisés sur les coléoptères et les diptères, dans le cadre des demandes d’AMM, ajoute le ministère. Les scientifiques de l’Anses ANMV estiment qu’en l’absence de données démontrant que les hyménoptères seraient plus sensibles à ces produits que les diptères, il peut raisonnablement être considéré que la toxicité pour les abeilles est testée indirectement par les tests sur les diptères. »

E.R.

(1) Autorisation de mise sur le marché.