Les mauvaises habitudes ont la dent dure. Et dans un contexte de gilets jaunes, celui qui est surnommé « l’homme des prix bas » reprend sa cape de superhéros au service du consommateur. Dans une interview accordée ce matin dans Bourdin direct sur BFM TV, Michel-Edouard Leclerc annonce la couleur pour les prochains mois : « Cette année en 2019, c’est clair, j’ai demandé aux centres Leclerc de consacrer toute...
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Les mauvaises habitudes ont la dent dure. Et dans un contexte de gilets jaunes, celui qui est surnommé « l’homme des prix bas » reprend sa cape de superhéros au service du consommateur. Dans une interview accordée ce matin dans Bourdin direct sur BFM TV, Michel-Edouard Leclerc annonce la couleur pour les prochains mois : « Cette année en 2019, c’est clair, j’ai demandé aux centres Leclerc de consacrer toute notre force, tout notre dynamisme à la défense du pouvoir d’achat. On va baisser tous les prix des produits de marques de distributeur. Les marques Repère chez Leclerc qui représente 40 % de notre offre, on va les vendre en 2019 moins chers qu’en 2018. »

« On sera bon élève des États-généraux de l’alimentation »

« On le voit dans nos magasins, les gens viennent avec des promos, ils viennent demander des promos. Ils n’achètent quasiment qu’en promo. C’est un constat. Mon rôle à moi, chef d’entreprise, c’est de satisfaire les prix bas quand les gens ont des problèmes de revenu. »

Pour autant, le distributeur réfute vouloir aller contre les États-généraux de l’alimentation. « Nous discutons aujourd’hui avec des groupements de producteurs. Ils auront une revalorisation de leurs prix à partir de leurs coûts de production. Donc on sera bon élève des États-généraux de l’alimentation, je le jure. C’est une bonne mesure. Par contre, lidée d’aller taper sur les consommateurs sur des produits qui ne sont pas agricoles… Je doute que cet argent ira aux agriculteurs. »

« C’est un enfumage total »

Michel-Edouard Leclerc dénonce les augmentations de prix de ces produits non agricoles : « Les pouvoirs publics m’obligent à augmenter les marges de produits qui ne bénéficieront pas à nos agriculteurs. En pleine période de gilets jaune et des discussions autour du pouvoir d’achat, en ce début d’année, on nous demande à tous les distributeurs, aux gros comme aux petits, de diminuer les taux de promotion et l’organisation des promotions. »

« On nous demande aussi au 1er février, d’augmenter les prix de 3 000 articles, le Ricard, le Nutella, le Vittel, l’Evian… théoriquement au profit des agriculteurs, poursuit-il. Des hausses de 1 à 10 %, au profit des agriculteurs. Or, ce ne sont pas des produits agricoles. C’est un enfumage total. »

« Pourquoi on nous fait augmenter le Ricard ? »

Pour que les producteurs soient correctement rémunérés, Michel-Edouard Leclerc s’interroge : « Pourquoi on ne nous fait pas augmenter les produits agricoles ? Et pourquoi on nous fait augmenter le Ricard ? En quoi le fait d’augmenter la bouteille de Ricard d’un euro va permettre à Leclerc de payer plus cher les producteurs de lait du Finistère ? »

« C’est dingue, je n’ai jamais vécu ça. En quarante ans de carrière, je n’ai jamais vu des débats parlementaires où les mecs sont incapables d’expliquer en quoi ça aide l’agriculture, mais qui disent : “C’est comme ça, vous allez l’appliquer” ». Et dans le même temps, Michel-Edouard Leclerc s’est dit favorable à une diminution voire une suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, ainsi que sur les produits bio.

Rosanne Aries