Sous la présidence de Mireille Riou-Canals, conseillère maître à la Cour des comptes, il rassemble les pouvoirs publics et sept collèges d’acteurs impliqués dans la restauration collective, dont les principales organisations professionnelles agricoles. « Le CNRC doit désormais, en enclenchant une dynamique collective, permettre un déploiement opérationnel des orientations fixées par la loi portant sur l’agriculture...
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Sous la présidence de Mireille Riou-Canals, conseillère maître à la Cour des comptes, il rassemble les pouvoirs publics et sept collèges d’acteurs impliqués dans la restauration collective, dont les principales organisations professionnelles agricoles. « Le CNRC doit désormais, en enclenchant une dynamique collective, permettre un déploiement opérationnel des orientations fixées par la loi portant sur l’agriculture et l’alimentation », a déclaré par voie de communiqué le ministre, lui-même absent de la réunion.

Lors de cette réunion ont été discutés les projets de décret d’application de la loi EGAlim, en particulier l’objectif de 50 % en valeur d’approvisionnement en produits durables, de qualité ou bio, et l’affichage de l’origine des produits entrant dans la composition des menus des cantines.

Plus tôt dans la semaine, à la lecture du projet de texte concernant les 50 % de produits de qualité, huit organisations dont l’APCA, la FNSEA, JA et Coop de France, ainsi que quatre représentants de la restauration, avaient fait part de leurs inquiétudes. Alors qu’elles espéraient que la définition des produits durables inclut le maximum de démarches qualité existantes (de Bleu Blanc Cœur à la charte des bonnes pratiques d’élevage, en passant par Global Gap…), le projet de texte ne retenait que les labels publics gérés par l’Inao.

« La liste des produits dits durables est trop restreinte : les cantines trouveront toujours les approvisionnements nécessaires, mais c’est dommage pour les filières agricoles françaises, nous explique Claudine Martin, du Syndicat national de la restauration collective (SNRC). Il y a des labels privés en plein développement qui vont en pâtir. Et si la liste n’inclut que des labels exigeants et chers, les 50 % des achats en valeur représenteront peu en volume : le risque est de devoir compenser sur les autres produits… »

Si 50 % du budget sert à acheter 20 % des volumes, il y a fort à craindre, en effet, que les 80 % de volumes restants soient achetés à bas prix… et à l’étranger. Loin de l’esprit de la loi EGAlim ! C’est pourquoi « il faudrait fixer un objectif de 50 % en volume et non en valeur pour qu’il y ait un réel effet sur les territoires », explique Thierry Jacquot.

« Laisser le temps aux agriculteurs de monter en gamme »

À la Coordination rurale, on craint également qu’une fois l’obligation légale accomplie, le reste des achats se reporte sur des produits importés. « On souhaiterait des grilles d’achat intégrant le critère local dans la restauration collective », indique Tristan Arlaud. Il reste à trouver l’astuce juridique le permettant…

La CR prône aussi la création d’un label spécial pour la restauration collective, « pour que les chefs de cantine sachent tout de suite ce qui correspond aux critères de la loi concernant les 50 % de produits durables », explique Tristan Arlaud. Pour entraîner davantage d’agriculteurs que les seuls bio et démarches officielles de qualité, il suggère que l’engagement du producteur dans une démarche de progrès puisse être reconnu dans ce cadre… Dans tous les cas, « il faut laisser le temps aux agriculteurs de monter en gamme ». Et le temps aux cantines de s’adapter : c’est pourquoi la mise en œuvre de l’obligation de 50 % de produits durables pourrait n’être effective qu’en 2022 – les 20 % de bio, quant à eux, étant obligatoires dès 2020.

À côté de la liste des produits sous label, entrant dans les 50 % de produits durables, la loi prévoit la possibilité d’inclure les produits présentant des externalités environnementales positives. Sauf que l’Ademe, en charge de définir les critères d’évaluation, n’est pas au bout de ses peines pour y arriver… « On a besoin d’avoir de la visibilité pour mettre en place nos stratégies d’achat, et que les filières agricoles se mettent en place en face », presse le SNRC. Qui pointe aussi un écueil, pour ceux qui miseraient sur cette mesure pour favoriser les produits de proximité : « Le local n’est pas toujours le plus écologique… »

Le local, en tout cas, n’est pas encore la norme. Et pour éviter des révélations qui décevraient nos concitoyens, il n’est pas question d’imposer l’affichage de l’origine des produits entrant dans les menus des cantines, mais seulement de proposer aux cantines volontaires d’expérimenter ce dispositif. Cela risquerait d’être trop violent, sinon, constate la CR. Qui se félicite cependant de la qualité des discussions : « Les échanges de mercredi, vraiment intéressants et constructifs, laissent espérer qu’on va réussir à construire quelque chose », s’enthousiasme Tristan Arlaud.

Bérengère Lafeuille